Sexothérapie et dérives

Les dérives de la sexothérapie

Cet article a pour but de mettre en garde les personnes qui veulent consulter un soi-disant « sexologue ». Je suis en effet atterrée par ce que mes patients et patientes peuvent me raconter de leurs expériences antérieures avec des sexologues. C’est pourquoi il me semble que quelques explications s’imposent.

Tout d’abord, il faut savoir que les titres de « sexologue », « sexologue clinicien », ou encore « sexothérapeute » ne sont pas protégés ni réglementés, ce qui implique que n’importe qui peut s’autoproclamer « sexologue » quand il le souhaite ! Il en va de même pour les médecins sexologues, car ceux-ci sont censés effectuer la même formation que les non médecins pour devenir de véritables « sexologues ».

Abordons maintenant la formation de sexologie clinique : normalement, elle est dispensée par des facultés de médecine, via un DU (Diplôme d’Université) ou un DIU (Diplôme Inter Universitaire). Elle dure entre 2 ans et 3 ans, c’est donc une spécialité de la formation initiale des participants.

Ceux-ci viennent d’univers différents, mais toujours en rapport avec le domaine de la santé. Y sont admis les médecins, les psychologues cliniciens et les sages-femmes, qu’ils soient encore étudiants dans leur discipline ou déjà diplômés.

Quelques formations privées en sexologie existent, mais elles ne délivrent pas de diplôme reconnu.

Elles sont à l’initiative de sexologues qui proposent une formation basée sur leur expérience, et une autre grande différence réside dans le fait que les intervenants sont peu nombreux par rapport à une formation à la Fac.

Seuls un DU ou un DIU ont une valeur réelle.

 

Une fois le diplôme obtenu, les sexologues peuvent s’installer en libéral et exercer. Il n’existe pas encore de Code de Déontologie régissant cette profession, comme peuvent l’avoir les médecins ou encore les sages-femmes. Cependant, une certaine éthique est de rigueur, ainsi qu’un respect du patient ou du couple que nous avons devant nous.

Seuls les médecins sexologues peuvent être amenés à examiner leurs patients. Les sexologues non médecins n’en ont pas le droit, même pour montrer une technique. Par conséquent, un simple sexologue ne doit pas vous examiner, vous toucher, vous montrer ou encore pratiquer avec vous.

C’est non seulement interdit, mais aussi contraire à notre pratique. Si un de nos patients ne comprend pas bien ce que nous lui expliquons, nous devons avoir des planches anatomiques, des schémas pour lui montrer.

En conclusion, avant de consulter un sexologue, n’hésitez pas à lui demander sa formation, mais aussi sa formation initiale, et où il a obtenu ses diplômes. C’est primordial pour votre future prise en charge, car vous ne pouvez pas vous imaginez tout ce que je peux entendre de mes patients… C’est à cause de ces soi-disant « sexologues » que notre profession est souvent mal perçue.

Pour vous aider, sachez que si vous n’avez aucun résultat après 2 séances malgré les exercices que l’on vous a donné à faire (chez vous bien sûr !), si le sexologue vous demande de vous déshabiller pour vous montrer, s’il ne fait que parler ou vous écouter sans vous donner des exercices à faire à la fin, ou s’il vous culpabilise : ne revenez jamais, c’est un charlatan.