La sexualité SM

Le terme de « sadomasochisme » nous vient d’un double héritage littéraire. Tout d’abord celui de Sade (1740-1814), qui donnera son nom au « sadisme », et qui fera comprendre alors, grâce à son imaginaire, une cruauté universellement connue, celle de jouir de la douleur que nous infligeons à autrui. Un siècle plus tard, viendra l’œuvre de Léopold von Sacher-Masoch (1836-1895), qui donnera son nom au « masochisme », qui implique une prédilection pour un érotisme avilissant.

Le SM est devenu avec le temps un terme composite aux usages variés, allant de l’entretien constant des conflits dans un couple, jusqu’aux relations parfois brutales qui peuvent d’établir dans des pratiques de soumission/domination. Mais attention, le SM et la domination ont deux définitions bien distinctes.

En effet, la domination est un ensemble de pratique d’assujettissement des soumis. La réciprocité des bénéfices érotiques pour le maître comme pour le soumis est constante, et ne peut pas être confondu avec le sadisme, où la torture est de mise. Malheureusement, beaucoup de personnes confondent encore ces termes, ce qui provoque culpabilité, honte et remords.

Quoiqu’il en soit, une sexualité SM basée sur la domination/soumission se passe toujours entre adultes consentants, et est codifiée par un accord préalable entre les protagonistes. Contrairement à ce que nous pourrions penser, être attiré par le SM suppose une bonne dose de cérébralité, c’est-à-dire de fonction érotique.

Avant de commencer, les membres du couple SM, que ce soit dans le cadre d’une sexualité échangiste, fétichiste, homo ou hétérosexuelle, se mettent d’accord sur les mises en scène et les limites à ne pas franchir. Ensuite, de nombreux scénarios peuvent se mettre en place, allant de l’humiliation verbale et/ou physique, avec des appareillages et des tenues adéquates à ces situations.  Plusieurs rituels peuvent être mis en place, comme le « spanking », qui désigne une flagellation plus éducative, principalement la fessée, et qui nous ramène alors à l’âge des déculottées tant redoutées quand nous étions jeunes.

Le « bondage » désigne quant à lui le fait de ligoter solidement son ou sa partenaire, afin de le ou la priver de l’usage de ses bras et des ses jambes, par un art de l’emballage plus ou moins élaboré (corde, étoffe). Bien évidemment, d’autres techniques peuvent être inventées par le couple SM, variant les plaisirs à l’infini, si tout est fait dans le respect des règles préétablies.

D’une manière générale chez les hétérosexuelles, une tendance naturelle à inverser les rôles est de rigueur : les soumis sont plus nombreux que les soumises, et les dominatrices plus nombreuses que les soumises. Le plaisir de la femme dominatrice réside souvent dans la revanche qu’elle peut prendre alors sur les hommes. Ces « maîtresses » exigent l’obéissance totale de leur soumis, qu’elles appellent aussi « esclaves ». L’homme peut alors s’abandonner complètement et lâcher prise, puisque c’est elle qui décide tout à sa place.

Si cette sexualité est choisie, elle peut aussi être très déstabilisatrice dans la vie de tous les jours, car vécue comme honteuse et perverse, surtout si elle intervient dans les rapports que nous entretenons avec nos amis, collègues, famille…

N’hésitez pas alors à en parler à un sexologue, qui saura répondre à vos questionnements et à vos angoisses.