Sexualité et grossesse

Je ne peux pas parler de la sexualité durant la grossesse sans aborder un minimum la psychologie des femmes désirant être enceintes. En effet, les changements et chamboulements que ce désir provoque, n’épargnent pas la vie intime du couple : nous assistons souvent à une libido exacerbée par ce désir.

Mais une fois enceinte, tout peut changer. Outre l’augmentation des hormones, c’est toutes les représentations et les croyances des futures mamans (et aussi des futurs papas !) qui se trouvent bouleversées. Il n’existe pas de norme quant au maintien ou non d’une sexualité durant la grossesse.

D’un point de vue psychologique, certaines futures mères se sentent encore plus femmes qu’avant, et leur libido est au beau fixe : certaines même, connaissent pour la première fois l’orgasme pendant leur grossesse. Cependant, d’autres femmes enceintes ne ressentent absolument pas le besoin de rapport sexuel, se sentant en quelque sorte déjà « pleine » par leur grossesse.

Mais il ne faut pas oublier aussi les futurs pères : certains ne veulent pas avoir de rapports sexuels avec leur compagne, de peur de faire mal au bébé, ou de peur de déclencher des contractions utérines. En effet, si leur première peur n’a aucune base rationnelle, la seconde est légitime. Le fait d’avoir un orgasme quand on est enceinte, peut provoquer quelques contractions utérines qui cessent dans les minutes qui suivent. De plus, le sperme contient des hormones, les « prostaglandines », qui provoquent aussi des contractions. Mais en cas de grossesse non pathologique, ces contractions n’ont aucune répercussion.

En tant que sexologue, je n’interviens pas en thérapie sexuelle chez les femmes enceintes. En effet, c’est un moment extrêmement particulier, ayant des conséquences sur la psychologie de la future mère. Celle-ci se retrouve dans une période de vulnérabilité psychique, pouvant faire remonter de l’inconscient des évènements du passé, et remettre en cause certaines certitudes ou croyances. En langage psychologique, nous parlons de « transparence psychique » pour définir cette période, selon les termes de Monique Bydlowsky.

C’est en cela que la sexothérapie est mise entre parenthèses pendant cette période de grossesse. Mais un soutien psychologique et des informations sur la sexualité peuvent être mis en place, afin de soutenir au mieux ces couples rencontrant des difficultés  ou se posant des questions. Une véritable thérapie sexuelle pourra être entreprise en cas de persistance des troubles, dans le post-partum, c’est-à-dire à distance de l’accouchement (pas avant au minimum les 6 mois de l’enfant, sauf pour des troubles spécifiques).