Le vaginisme

Le vaginisme est souvent confondu avec la frigidité (diminution ou absence de libido) et la dyspareunie (douleurs au moment de la pénétration). Or, le vaginisme n’a rien à voir avec ces troubles : c’est une contraction involontaire et infranchissable des muscles du périnée, des releveurs de l’anus et souvent des adducteurs.

Ce qui implique plusieurs conséquences. La première résulte de la définition : toute pénétration est impossible.

Lors d’un examen gynécologique, la femme fuit littéralement de la table, n’arrive pas à écarter ses jambes et quand elle y parvient au bout d’un certain temps, la pénétration du doigt de l’examinateur est quasiment impossible. Il existe réellement un barrage musculaire complètement inconscient de la part de la femme.

Une seconde conséquence se situe au niveau psychologique. Car bien évidemment, le vaginisme s’accompagne d’une anxiété et d’une peur panique de la « perforation » impressionnantes.

Leur racine est profonde, atteignant parfois la personnalité même : le rôle de l’éducation est primordial (trop culpabilisatrice, trop rigide…).

La troisième conséquence concerne forcément la sexualité. Le vaginisme entraîne de nombreuses dysfonctions conjugales, pouvant même parfois provoquer des troubles dans la sexualité de leur partenaire.

Inutile de dire que la procréation est fortement altérée. Par contre, l’accès à l’orgasme est possible pour ces femmes, souvent par frottements.

 

Il existe plusieurs formes de vaginismes. Celui qu’on nomme « primaire » est de loin le plus fréquent : la femme en a toujours souffert, elle n’a jamais été pénétrée. Ceci provoque un certain nombre de mariages non consommés. Lors d’essais de pénétration, si ceux-ci sont infructueux au bout d’environ 2 mois, on peut parler de vaginisme primaire.

L’autre type de vaginisme est « secondaire », c’est-à-dire que la femme a déjà pu être pénétrée, mais qu’après une certaine période, cette pénétration devient tout simplement impossible. Il existe plusieurs causes à ces vaginismes secondaires, qui dépendent de l’histoire de chaque femme. En effet, on peut retrouver une séquelle d’une intervention chirurgicale, une agression sexuelle, un stress important, une mésentente conjugale, une grave déstabilisation affective…

Ce sera au sexologue d’en identifier les causes afin d’aider au mieux la patiente.

La thérapie sexuelle s’effectuera en plusieurs phases très progressives. Elle associera une prise en charge psychologique de compréhension du trouble et de soutien, et une prise en charge sexologique avec des exercices adaptés et respectueux de l’avancée de chaque femme.

Plusieurs séances sont nécessaires, et requièrent un travail régulier et sérieux à la maison au niveau des exercices donnés.

Bien sûr, tous les exercices sont expliqués et discutés avec la femme, afin qu’elle en comprenne le sens.

Caroline Le Roux – Sexologue