L'éjaculation précoce

L'éjaculation précoce : une fatalité ?

L’éjaculation est précoce ou prématurée quand elle survient rapidement une fois la pénétration effectuée (moins de 3-5 minutes de va et vient), voire juste avant. En règle générale, en tant que sexologue, nous prenons en charge l’éjaculation précoce quand les hommes ne supportent plus le délai de pénétration : c’est donc une évaluation très subjective.

D’un point de vue strictement sexologique, il existe quelques invariants biologiques touchant les humains, c’est-à-dire que nous n’y pouvons rien, nous naissons tous comme cela. Pour les hommes, il s’agit justement de l’éjaculation précoce. Par conséquent, tous les hommes sont éjaculateurs précoces avant leur première expérience sexuelle. Car à l’état naturel, l’éjaculation est un réflexe quasi instantané afin de procréer le plus rapidement possible !

Mais alors pourquoi certains hommes ne le sont pas du tout et arrivent à pénétrer longtemps leur partenaire, alors qu’il s’agit d’un invariant biologique ? L’expérience de son corps est primordiale : elle passe essentiellement par la masturbation au moment de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte. Ce qui veut dire que les hommes ayant eu une bonne expérience masturbatoire s’en sortent mieux que les autres au niveau de l’éjaculation précoce.

Cependant, d’autres facteurs peuvent aussi intervenir, comme le tabou de la sexualité, l’éducation des parents, la première expérience sexuelle, d’éventuels traumatismes sexuels dans l’enfance…

Le rôle du sexologue sera alors dans un premier temps de rassurer l’homme sur le fait qu’il n’a pas de pathologie, et que l’éjaculation précoce n’est pas une fatalité ! La fréquence de ce souci est très élevée, et est caractéristique de sa bénignité.

La thérapie sexuelle commence par une première phase de désensibilisation manuelle. Ensuite, elle continue par plusieurs phases successives où le niveau d’excitation ira crescendo, jusqu’à la maîtrise de l’éjaculation intra-vaginale. La durée de la pénétration dépend de chaque homme et de chaque couple, mais l’homme sera capable en fin de thérapie, de pénétrer sa ou son partenaire le temps qu’il le souhaite.

Il s’agit donc d’une sexothérapie axée sur une thérapie comportementale s’il n’existe aucun blocage psychique. Ce souci se règle assez facilement si les exercices sont faits de manière assidue et régulière.

Caroline Le Roux – Sexologue