Interruption de grossesse

Interruption Médicale de Grossesse (IMG) : aspects psychologiques

Dans notre pays, l’IMG peut être pratiquée à n’importe quel terme de la grossesse, dès lors que celle-ci  met en péril grave la santé de la femme, ou qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

Depuis les deux décrets publiés en août 2008, les parents peuvent déclarer à l’Etat Civil des fœtus nés sans vie entre 16 et 22 semaines d’aménorrhées (SA), afin de leur donner un prénom (mais la maman n’a pas droit au congé de maternité), et de les inscrire sur le livret de famille. De plus, des obsèques peuvent être organisées. Cette avancée est essentielle pour tous les parents vivant une IMG, car enfin, ces futurs enfants, ces bébés en gestation sont reconnus par la société, et parallèlement, la femme est aussi reconnue en tant qu’ayant porté la vie.

Durant la grossesse, l’annonce d’une anomalie fœtale entraîne des réactions différentes de la part des parents. Certains sont en véritable état de choc et désinvestissent brutalement l’enfant qu’ils attendaient. C’est pourquoi un délai de réflexion est indispensable pour une bonne élaboration psychique de ce qu’ils vivent, et une prise de décision cohérente avec ce qu’ils pensent et croient.

Ce temps est un temps d’accompagnement et de présence, et non un temps de vide pendant lequel les parents se sentiraient abandonnés dans leur solitude et leur détresse. Il est primordial de respecter de temps, cette temporalité de leur souffrance, en fonction du terme de la grossesse, mais aussi et surtout de l’investissement initial de l’enfant à venir. Normalement, cet accompagnement a lieu dans la maternité où l’accouchement aura lieu.

Une grande culpabilité peut dominer, rendant encore plus difficile cette perte. Parfois, le corps médical a du mal à prendre en compte la tristesse des parents, et minimise la perte d’une grossesse, surtout au premier trimestre. Or, nous sommes bien dans une situation de deuil, souvent pathologique et difficile à surmonter.

Car pour la plupart des femmes, à des moments et à des degrés divers, toutes les étapes du travail de deuil sont présentes dans la période qui annonce et qui suit une IMG. Ce travail est variable d’une femme à l’autre, et peut prendre de quelques semaines à plus d’une année, rendant ainsi difficile la mise en route d’une autre grossesse.

La première étape est une période d’incrédulité allant de quelques heures à plusieurs semaines. Elle est suivie par une période de colère et de révolte contre l’entourage, le personnel soignant ainsi que contre elles-mêmes : la perte de la grossesse devient évidente et entraîne des sentiments de frustration avec recherche active de causes quand elles ne sont pas déjà connues.

Vient ensuite la période du désespoir et de la dépression, marquant que la perte est finalement acceptée comme définitive. Cette acceptation s’accompagne d’un réaménagement de la vie, où une grossesse peut de nouveau être envisagée.

La fin du travail de deuil est marquée par un soulagement et une libération.

Toutes ces étapes nécessitent un soutien psychologique.

Si la maternité ne vous en propose pas, n’hésitez pas à consulter une psychologue. De même, si vous n’arrivez pas à surmonter la perte de votre bébé, des solutions existent.