Fausse couche : approche psychologique

La maternité est un lieu où les joies sont aussi intenses que les drames s’y déroulant. Nous pensons alors tous à ces mères donnant naissance à un enfant mort-né, aux différentes malformations nécessitant des interruptions médicales de grossesse, au décès d’enfants prématurés…
De nombreux psychiatres et psychologues se sont penchés et se penchent encore sur ces thèmes si douloureux : la preuve en est la quantité d’articles, et de livres.

Mais qu’en est-il de toutes ces femmes perdant leur grossesse précocement, au premier trimestre, avant même la déclaration de celle-ci ?

Etonnamment, elles semblent intéresser moins les professionnels, alors qu’il s’agit là-aussi, d’espoirs déchus et de grossesses perdues. Certes, nous ne pouvons pas parler de fœtus (à des termes très jeunes), et encore moins de bébé, mais pour autant, les femmes ne perdent-elles qu’un amas cellulaire ?

Est-ce pour cela que ces fausses couches spontanées précoces n’intéressent quasiment personne ?

Et pourtant, leur détresse est bien réelle, comme le montrent les articles médicaux et psychologiques sur ce sujet. Tous les chiffres et les pourcentages donnés affirment que ces fausses couches, quelque soit leur terme, sont toujours un évènement marquant dans la vie des femmes, et qu’elles engendrent un fort taux de dépression et d’anxiété dans leur suite, avec souvent un véritable travail de deuil à entamer.

Travaillant depuis plus de 10 ans dans des services de gynécologie-obstétrique, j’ai pu remarquer la détresse de ces femmes au niveau des urgences au moment de l’annonce de leur fausse couche. De plus, le peu de considération de leur souffrance par les équipes médicales est flagrant, de même par leur famille dans la majorité des cas.

Et si on va un peu plus loin, on s’aperçoit que la reconnaissance de l’état de grossesse, tant par l’entourage que le milieu médical et administratif, est loin d’être satisfaisante. Par conséquent, ces femmes se sentent le plus souvent seules face à cet évènement si douloureux, d’autant plus que la croyance populaire dit que « la première grossesse est souvent un coup d’essai pour les prochaines plus chanceuses. »

La prévention pourrait passer dans un monde idéal, par une meilleure reconnaissance de leur souffrance et une prise en charge psychologique systématiquement proposée, afin de légitimer leur détresse et de les aider au mieux. Il donc très utile d’aller consulter un psychologue clinicien lorsque l’on ne se remet pas d’une fausse couche précoce.

Caroline LE ROUX Psychologue clinicienne-Sexologue